Blu-Ray, les leçons d'une victoire

Publié le par GameTheory


   
HD-DVD-vs-Blu-ray-N-E-9914-3.jpg    Warner m'a tuer. Telle pourrait être l'épitaphe sur la tombe de feu le HD-DVD, le format haute définition développé par Toshiba. Car c'est bien le retournement d'alliance -rétribué ?- du géant de l'entertainment américain qui a fait pencher la balance en faveur du Blu-Ray de Sony, et précipité l'annonce de Toshiba d'arrêter définitivement les frais.

    Sony a gagné, c'es indéniable. Et c'est historique. Comme l'évoquait SoBiz ici, le groupe nippon avait perdu toutes les guerres de formats des dernières années, voire des dernière décennies : Betamax battu par la VHS, le format audio Atrac explosé par le MP3, le Memory Stick largement devancé par les cartes de mémoire SD.

    Cette fois, Sony a retenu les leçons de ses revers successifs. Plutôt que de s'enfermer dans son discours habituel de la supériorité technologique, il a commencé par chercher le soutien des Samsung, Panasonic, Pioneer, Sharp ou Philips, les gros bras de l'électronique grand public, quand Toshiba misait sur les cadors de l'infomatique, comme Microsoft ou Intel. La montée en puissance de la Playstation3, dotée d'uun lecteur Blu-Ray de série, a fait le reste, en fournissant une base installée sans commune mesure avec celle du HD-DVD.

    Sony est-il de retour, comme l'affirme un papier des Echos  ? Ou cette victoire est-elle un coup pour rien, les supports physiques devant bientôt laisser la place à un marché 100% numérique basé sur le téléchargement ? La réalité se trouve certainement entre les deux. Le marché n'est pas encore prêt pour se passer totalement de supports physiques, dont on peut sans grand risque affirmer qu'ils ont encore cinq à dix ans d'espérance de vie.

    Sony commence à voir le bout du tunnel. Le groupe japonais redresse le tête sur ses différents marchés : la gamme d'écrans plats Bravia cartonne, la PS3 décolle, faisant désormais jeu égal avec la Wii en rythme de vente aux Etats-Unis. Surtout, sa coentreprise avec le suédois Ericsson, Sony Ericsson, est le fabricant de mobiles le plus dynamique du marché, avec une croissance des ventes en volume de 38% l'année dernière. Actuellement 4ème mondial, il a le numéro trois, Motorola, en ligne de mire.

    Quant à Toshiba, ses gesticulations ridicules après le revirement de la Warner, pour essayer de persuader le grand public que son format n'étaient pas mort, ont donné une bien triste image de l'entreprise. Comme quoi casser les prix, vendre à perte, et acheter les journalistes à grands coups de lecteurs HD-DVD n'est pas forcément suffisant pour emporter la décision.

   

Publié dans Up and down

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GameTheory 29/02/2008 21:41

J'ai plutôt l'impression que Sony, historiquement anti-porno (on dit même que le Bétamax avait perdus contre la VHS pour ça) s'est ravisé cette fois-ci, à temps, après que les industriels du porno ont commencé à menacer de choisir le HD-DVD. Ce n'était pas facile avec Disney comme partenaire principal...

jibidi 28/02/2008 12:36

Attention ! Si ma mémoire est bonne, avant Warner, ce sont les principaux distributeurs de porno US qui ont donné le ton. Comme à chaque fois qu'il a fallu choisir un nouveau format (VHS), lancer une nouvelle techno (Minitel, Internet), le porno a tiré le premier...

GameTheory 20/02/2008 23:49

C'est vrai que Sony, groupe d'ingénieurs, s'est souvent engagé dans des paris plus inspirés par la recherche éperdue de la meilleure technologie que celle de la satisfaction des consommateurs. Sony est en train de s'en rendre compte.

Exemple : le format musical Atrac est bien meilleur que le MP3, mais il a été flingué par le logiciel qui le gère, Sonicstage. Sony en a tiré les conclusions : plus de Sonicstage, plus de Atrac, que du MP3, super facile à transférer vers les lecteurs Sony. Révolution au pays du format propriétaire...

Il a mis le temps, mais Sony tire les leçons de la montée en puissance des Apple et Nintendo. Il était temps.

FredericB 20/02/2008 16:54

Sony réussit lorsqu'il parvient à anticiper la demande des consommateurs et qu'il freine un peu l'enthousiasme débordant de ses ingénieurs. La Playstation 3 est l'aboutissement de ce processus un peu vain: trop cher, trop gros, trop aïe-tech, pas fun... Quand Sony se souvient que tout au bout de la chaîne il y a un mec qui hésite dans un rayon Carrefour, ça donne un marketing efficace (des écrans Bravia adaptés à la demande avec un positionnement sur les grandes tailles), un standard ouvert et un lobbying actif auprès des majors hollywoodiennes pour imposer le BluRay, une utilisation intelligente des marques stars pour le marketing des mobiles. Le "Sony United" d'Howard Stringer semble enfin avoir pris la mesure de la convergence en se l'adaptant à lui-même. Les studios qui travaillent avec l'EGP et les jeux vidéo qui colaborent à la réussite du mobile. Samsung a enfin trouvé à qui parler.