Neuf types en or pour 2009, épisode 5 : Carlos Slim, Mexican Nabab

Publié le par GameTheory

 

 

          Il a un prénom de comique troupier, un patronyme de jean moulant, et un petit air de Pierre Vassiliu. Non, franchement, ce type-là ne pouvait pas être foncièrement mauvais. Son portefeuille en croco parle pour lui : 60 milliards de dollars de fortune au dernier pointage du magazine Forbes. Carlos Slim Helù, moustache (ou barbe, selon les jours) frétillante et soixantaine ventrue, est le deuxième homme le plus riche du monde. Derrière Warren Buffet, l’oracle d’Omaha, et devant Bill Gates, l’oracle d’Obama.

 

          L’actu, me dirait mon chef, l’actu. J’y viens : le Carlos en question est en train de voler au secours du prestigieux quotidien New York Times. Avec un joli chèque de 250 millions de dollars, façon Rupert Murdoch. Une broutille pour ce fils d’immigrés libanais de 68 ans, surnommé « roi Midas », dont l’empire représente aujourd’hui 40% de la bourse de Mexico, 8% du PIB mexicain et plus de 220 000 salariés.


          Slim, c’est un peu le Arnault-Pinault, sauce guacamole. Un type qui a fondé sa réussite en rachetant des boîtes en perdition récupérées pour une bouchée de pain avec la bénédiction de l’Etat. Sa boîte, le groupe Carso, fondée à 25 ans, commence par racheter une quarantaine d’entreprises dans la mine, le tabac, la construction, l’industrie, les pneus, les assurances, la restauration, la distribution.


 




Slim restructure, redresse, fusionne, revend. Arrose, aussi, notamment du côté du Parti révolutionnaire institutionnel au pouvoir (PRI), qui se voit gratifié de bonnes grosses valoches de pépétos durant les années 80. Au point de se retrouver en pole position lors de la privatisation de l’opérateur télécom public Telefonos de Mexico, dit Telmex, en 1990, que Slim récupère pour une bouchée de burrito sauce piment.

 

Etonnante transaction, à la vérité. Outre le prix d’ami susdit, Carlito obtient de l’Etat que Telmex reste en monopole, malgré sa privatisation, au moins six ans après le rachat. De fait, même depuis l’ouverture du marché, Telmex ne sera guère inquiété, son gros derrière reposant sur 81% du marché du fixe et 72% de celui du mobile. Résultat : une marge de 50%, supérieure d’un tiers, selon The Economist, à la moyenne du secteur, portée par un des prix à la minute les plus chers du monde. L’empire Slim s’étend peu à peu à toute l’Amérique du Sud, via l’opérateur America Movil. Seul l’espagnol Telefonica fait de la résistance face aux 130 millions d’abonnés du Mexicain.

 

 

 

          Aussi étonnant que cela puisse paraître, Slim n’aime pas le faste. Ou alors ne le montre pas. Son seul péché mignon est une passion déraisonnable pour les Rodin, dont il possède une bonne palanquée. Le reste est une affaire de philanthropie plus ou moins teintée de provocation. Et d’arrière-pensées, disent les mauvaises langues. Cinq milliards pour des projets de routes, barrages, écoles et hôpitaux. Des centaines de millions pour libérer des détenus pauvres incapables de payer leurs cautions.

 

 

Le bonhomme, affaibli par un triple pontage en 1997, garde quand même la haute main que sur la stratégie de son groupe, objet de réunions passionnées avec ses trois fils bombardés patrons de filiales. Mais il ne crache pas sur quelques petits coups en bourse, comme le maître de l’exercice, le baron belge Albert Frère. Il aime, selon un ami d’enfance cité par Challenges, « les cigares cubains, le base-ball, les échecs et les bonsaïs ». Non, franchement, ce type-là ne peut pas être un mauvais bougre.




Publié dans Grands fauves

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Marketing Dissertation 13/07/2011 08:47


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marketing dissertation 07/01/2010 13:13


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didier grossemy 03/03/2009 14:13

size of the business is not relevant to the size of the effort, the challenge is always to build up a brand that respond to the market.

Halanah 23/01/2009 17:33

Salut,

Petit contrepoint aux portraits des 9 mecs en or... les portraits des petits bonhommes et petites bonnefemmes qui se mangent la crise en pleine poire sur le site du journal Mediapart.
C'est dans la partie CLUB du site qui est gratuite.
Des témoignages vidéo et des interviews aux quatre coins de l'hexagone.
ça dure jusqu'au 29 le jour de la grande mobilisation.
Il y a un appel à témoins qui s'appelle "Sur les routes de la crise" et qui est aussi sur le Blog de Mathieu Magnaudeix sur le site www.mediapart.fr.

Voilà ct juste une petite info. Allez voir en tout cas c'est bien fait et la démarche est intéressante.

Sinon merci pour les portraits des hommes en or...
très instructif !

Bonne fin de journée

PS : il y a aussi une carte de la France avec indiqués tous les licenciements ! Très impressionnant ! et ça commence à chiffrer !