Neuf types en or pour 2009, épisode 6 : Michel Camdessus, SFEF in the City

Publié le par GameTheory




          Autant le dire tout de suite : après le rassembleur pornographe Larry Flint et le nabab mexicain Carlos Slim, un post sur Michel Camdessus, président de la Société de financement de l’économie française (SFEF), revient à flinguer pour plusieurs mois les maigres statistiques de trafic de ce bloug. Le CV du bonhomme tient du cachet de Valium : un ancien directeur du Trésor, ancien gouverneur de la Banque de France, ancien patron du FMI et nouveau président de la SFEF. Bref, un crypto-libéral à la tête d’un machin que personne ne connaît et dont tout le monde se tamponne le haricot.

 

          Voilà pour une première lecture. La seconde apporte un autre éclairage au vaillant lecteur qui aura survécu à ce premier paragraphe. La SFEF et son président sont au cœur d’un des mystères ineffable de la crise financière actuelle : d’où diable l’Etat français sort-il les biftons de ses multiples plan de relance et de soutien ? D’où vient la maille, foutrebleu ? Qui envoie le grisbi, les talbins, le fourrage, la douille, la mitraille, la vaisselle de poche ?

 

          Petit cours de rattrapage. Détenue à 34 % par l’Etat et à 66 % par les groupes bancaires français, la SFEF a été créée en octobre par Christine Lagarde, la ministre des Finances, avec la mission d’accorder des prêts aux établissements de crédit, avec la garantie de l’Etat français. Concrètement, la SFEF émet des obligations en son nom, achetées sur les marchés par des clients dans le monde entier. L’argent est ensuite prêté aux banques, qui le remboursent sur cinq ans maximum, avec bien sûr un taux d’intérêt.




 

          Le postulat, c’est qu’il est plus facile d’emprunter sur les marchés avec la signature de l’Etat, garant en dernier ressort du remboursement des dettes. Pour l’instant, ça marche bien : la société n’a aucun mal à trouver les fonds qu’elle cherche, les Etats étant considérés comme les débiteurs les plus sûrs. Camdessus prévoit de lever entre 50 et 70 milliards d’euros en 2009, loin du plafond de 265 milliards autorisé par l’Etat et la Commission europénne.

 

          Désormais, la SFEF est partout. Derrière le plan français de 5 milliards d’euros de prêts accordés aux clients d’Airbus pour qu’ils maintiennent leurs commandes. Derrière les plans de soutien au filiales financières des constructeurs automobiles, comme Renault et PSA Peugeot Citroën. Même le distributeur Carrefour, via sa filiale de services financiers, voudrait bénéficier des fonds levés par la société. De là à dire que tout le monde a envie de SFEF, il y a un pas que le goût prononcé de Sobiz pour la gaudriole le fait franchir allègrement.




 

          Le plus saisissant dans l’histoire, c’est que le gars Camdessus, propulsé refinanceur en chef de l’économie française, a un sacré passif dans la finance internationale. Patron du FMI de 1987 à 2000, il fut l’artisan de tous les plans de rigueur qui ont coulé tant de pays émergents. Quelques mois avant l’effondrement de l’Argentine en 2000, il assurait sans rire que « l’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels, et une politique monétaire rigoureusement maintenue ». Résultat de cette belle histoire : un système bancaire flingué, et une misère dont le pays se remet à peine.

 

          Libéral, Camdessus assume le qualificatif, sans complexe. Son rapport de 2004, intitulé « Le sursaut », fut le livre de chevet du candidat Sarkozy en 2007. Certes un peu caricaturé en brûlot ultra-libéral, mais bien orienté tout de même. « La libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but final correct », disait-il en 1998 à la Tribune. Etrange citation pour un catholique assumé, qui fut même conseiller de Jean-Paul II.


Publié dans Grands fauves

Commenter cet article

andre 15/04/2009 18:47

des fous intelligents seul l argent compte je l accorde qui accorde plus importance a l argent que leur propre vie je me rappelle quand le baron empain a été kidnaper et qui a eu peur pour ça vie et préférer sortir du circuit et a dit la vie est plus précieuse que la recherche de la
fortune