Exclusif : la carte de la non-crise

Publié le par GameTheory



Trêve de mauvais esprit. Fi de blagounettes perfides. Pause dans l’acerbe, dans le rigolard, dans la saillie drôlatique. Aujourd’hui, SoBiz a décidé de faire dans le béat. De parler des trains qui arrivent à l’heure. D’évoquer ces boîtes dont on ne parle pas, ou peu, et qui le méritent pourtant : celles qui ouvrent des usines en France malgré la crise. Qui prouvent, bétonnière à l’appui, que la vulgate libérale de l’impossibilité-de-produire-en-France est une aimable plaisanterie.

 

Soyons clair. Le propos n’est pas de dire que la crise s’est envolée avec le parachutage du brushing d’Estrosi au secrétariat d’Etat à l’Industrie. Ni que l’industrie française en ait fini avec les licenciements, restructurations, problèmes de trésorerie, occupations d’usines, ou vrais-faux plans de reprise type Molex. Mais la Google Map de la non-crise, qui sera régulièrement complétée et/ou corrigée avec l’aide des lecteurs de SoBiz, prouve que même dans l’œil du cyclone de la pire crise des cinquante dernières années, certains patrons essaient de raisonner un peu plus loin que leurs lunettes demi-lune. Mieux, que certains méritent autre chose que l’écartèlement par poneys corses que leur promet la vindicte populaire.


 

 

 


Qui trouve-t-on dans cet aréopage d’inconscients ? Pas mal de secteurs sont représentés : l’aéronautique (Airbus, Spirit, Daher-Socata, Geci international), l’agroalimentaire (Cémoi, Malongo, Mix Buffet, Créaline, Castel, Collet, Boncolac), l’industrie lourde (Ouvrie-PMC, Aubert & Duval, Saint-Gobain), la construction (Bénéteau), l’énergie (EDF Energies nouvelles), les meubles, le papier, le stockage. Point commun, à part l’agroalimentaire : ces secteurs sont souvent à cycles longs, les investissements d’aujourd’hui ne donnant leurs premiers résultats que dans plusieurs années.

 


L’autre leçon, c’est que mis à part quelques gros bonnets comme Airbus ou Saint-Gobain, l’essentiel des ouvertures d’usines vient des entreprises de taille moyenne, entre 10 et 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le constat n’est pas innocent : c’est de ces grosses PME exportatrices que l’Allemagne a toujours tiré sa croissance et son gigantesque excédent commercial (13,9 milliards d’euros sur le seul mois de juillet 2009). Le tissu industriel français manque terriblement de ces moteurs-là, qui ont une propension à investir en France bien supérieure aux cadors du CAC40, qui réalisent 80% de leurs ventes hors de France, et y investissent de moins en moins.


 


 

Le dernier enseignement de la carte n'est pas vraiment un scoop. C’est la résistance, une nouvelle fois éprouvée, des entreprises familiales : Daher, Aubert & Duval, Tryba, Cuisines Schmidt, PEG, et j’en passe. Les avantages sont connus : pas de pression d’actionnaires financiers, pas de dette de LBO à rembourser, un management souvent stable, une stratégie de long terme. L’entreprise à la papa, on a encore rien trouvé de mieux.

 


Publié dans Sur le terrain

Commenter cet article

stephane 21/10/2009 07:11


Je vous signale cet article qui prouve que le journal Marianne, censé défendre la Poste, utilise une société privée pour son courrier :

http://www.avenirdufutur.fr/?p=1728


Peretz 02/10/2009 16:59


C'est bien, mais existe-t-il une carte de non-crise au niveau mondial, pays par pays ? Les pays exportateurs de pétrole ?


BA 30/09/2009 16:37


L’indice PMI est l’indicateur composite de l'activité manufacturière d'un pays. Il est exprimé en pourcentage.

Il prend en compte : les prises de commandes, la production, l'emploi, les livraisons, et les stocks du secteur manufacturier.

Une valeur inférieure à 50 % indique une contraction du secteur.

Une valeur supérieure à 50 % indique une expansion du secteur.

Etats-Unis : recul surprise de l'indice PMI de Chicago en septembre.

L'indice PMI de Chicago est ressorti à 46,1 au mois de septembre, après 50,0 en août. Les analystes attendaient une hausse à 52,0.

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=cf6171ee13b5dc38854f6411a85227ed


Conclusion : les « analystes » sont des charlots.

Conclusion numéro 2 : depuis le 15 septembre 2008, on le savait déjà.

Conclusion numéro 3 : malgré ce que nous raconte la propagande des « analystes », malgré ce que nous raconte la propagande médiatique, la crise ne fait que commencer.


BA 25/09/2009 14:28


Les défaillances d'entreprises ont augmenté de 22,7 % en août en France sur 12 mois, égalant le précédent record qui devrait être dépassé à la fin de l'année, apprend-on auprès d'Euler Hermes.

Sur les 12 derniers mois, près de 63.800 défaillances ont été constatées, un chiffre comparable à celui enregistré lors de la récession de 1993, a précisé Karine Berger, directrice des études chez
Euler Hermes Sfac.

"C'est le glissement le plus élevé enregistré depuis le début de la crise", a-t-elle déclaré à Reuters.
"Nous prévoyons que les défaillances atteindront près de 70.000 à la fin de l'année, ce qui serait un record historique", a-t-elle ajouté en confirmant les dernières prévisions de
l'assureur-crédit.
http://www.lesechos.fr/info/france/reuters_00186257-hausse-de-22-7-des-defaillances-d-entreprises-en-aout.htm

Oui, mais nous restons positifs.

Répétons tous ensemble le nouveau slogan des hypermarchés Carrefour : « Le positif est de retour. »

Et allons bronzer.


blondie 25/09/2009 11:14


@ BA: C'est la crise, alors tout le monde doit être dépressif et on n'a le droit d'être contents de rien? On ne parle pas assez des chômeurs? Il n'est pas mauvais de rappeler que les PME se
battent... Enfin moi, je dis ça, je dis rien, mais je vais aller bronzer ce week-end, ça coûte rien.