Jeudi 23 avril 2009






On connaissait les crash tests, où des mannequins se font éviscérer, transpercer, broyer, éclater contre un mur, défoncer par un volant, le tout passé au ralenti dans les spots sécurité routière. Fini, ça, terminé. Il ne se vend plus une bagnole, ou alors des low-costs avec un pare-choc en mousse, les freins en option et la direction assistée à l’huile de coude. Des Logan en carton, des Tata Nano en polystyrène, voire des Chery QQ. Chinoises, les QQ.

 

Le grand truc, chantourné ami lecteur, c’est désormais les crash tests pour les banques. Les « stress tests », qu’on appelle ça. En clair, des enquêtes de la nouvelle administration américaine pour dégoter les actifs toxiques dans l’océan de jeux d’écriture, produits dérivés et autres paradis fiscaux mis en place, avec amour, application et un poil de perversité par les banques américaines depuis des années.

 

Frissonnez, gérontes financiers, tremblez, pognasse addicts : la chasse à l’actif toxique est ouverte. Un peu comme une chasse aux œufs de Pâques avec Obama jouant à chaud-froid pendant que les patrons de Merril Lynch ou de Bank of America le guident en fumant des barreaux de chaises. « Là, tu chauffes Barack… Non, là, ça refroidit. Pourri, la Suisse, que des collabos. Ah, ben non, pas là, non plus… Pfff, les Iles Vierges, tu me prends vraiment pour un jambon…»

 

 


 

Obama s’est donné jusqu’à début mai pour trouver les lapins fourrés au Credit Default Swap et les ours chargés au subprime. On lui souhaite bien du courage. Car comme l’a souligné l’éditorialiste de la Tribune Philippe Mabille et l’impeccable BA, habitué de ce bloug et commentateur aussi assidu que régulièrement hors sujet, même le FMI commence à avoir les fesses qui font bravo. En janvier 2009, les services de Strauss-Kahn prévoyaient 2 200 milliards de dollars de pertes mondiales pour les bilans bancaires. Ce chiffre a été réévalué à 4 000 milliards de dollars, dont un tiers seulement a été comptabilisé.

 

Si j’en appelle à mes lointains souvenirs de mathématiques, il doit donc rester 2600 milliards de dollars de pertes qui ne sont nulle part, dans aucun livre de compte. « L'admission des pertes est incomplète et le capital est insuffisant dans un scénario de récession », indique le FMI. Le problème, c’est que plus ces pertes latentes sont élevées, plus le réveil va être dur, et pas seulement pour les banques. Qui dit pertes, dit impossibilité de générer du crédit pour les banques. Donc pas d’investissement, des boîtes qui clamsent et pas de reprise. Fermez le rideau.

 

 

 

« Diantre, rétorquera le finaud lecteur. Les résultats des banques US me semblaient pourtant plus que corrects au premier trimestre. » Bien vu. 4,2 milliards de résultat net pour Bank of America, 3 pour Wells Fargo, 1,8 pour Goldman Sachs… Les banques ont mis beaucoup d’application à maquiller des chiffres pas terribles, seulement sauvés par le massif plan américain d’aide aux banques, à l’aide de quelques trucs de puristes, détaillés sur l’Expansion.fr.

 

 

Provisions sous-estimées pour des pertes pourtant inéluctables. Usage de nouvelles règles comptables plus accommodantes. Alignement sur l’année calendaire et non fiscale (chez Goldman Sachs, 780 millions de dollars de bénéfice supplémentaire à la clé, en giclant le mois de décembre des comptes). Mise hors bilan d’actifs non valorisables. Et même placement de 42 milliards de dollars dans des colonnes intitulées « other », sans qu’on sache de quoi il s’agit (Wells Fargo). Chapeau claque, les artistes.

 

 

 

La conclusion ? Ce n’est pas de la poussière qu’il y a sous les tapis, c’est un troupeau de moutons. Obama serait bien inspiré d’utiliser ses « stress tests » pour décrocher l’épée de Damoclès. Comment ? D'aucuns préconisent la création de "bad banks", sous contrôle étatique, chargées de récupérer les actifs toxiques pour éviter l'effondrement du système financier. Un peu comme l'Etat français qui récupère et restructure les activités les plus sinistrées de la sidérurgie française dans les années 80, et laisse au privé (et aux Wendel) ce qui marche le mieux. Il resterait alors alors à rebaptiser les banques débarrassées de leurs actifs toxiques. Car "good" n'est pas vraiment le mot qui vient à l'esprit.

 

 

 


Par GameTheory - Publié dans : Attentats
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Twitter

En plus de pérorer, SoBiz gazouille. C'est là :
http://twitter.com/BlogSobiz

S'abonner

  • Flux RSS des articles

Recommander

Contacter

Remarques, commentaires, suggestions sont les bienvenus : blogsobizCHEZgmail.com

Catégories

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés