JBDV, patron du troisième type

Publié le par GameTheory





0118000000517365.jpg    Il porte un kilt noir de guerrier wisigoth, des platform shoes de trois kilos pièce, des dreadlocks de bassiste punk. Il vit sur une péniche dans le port industriel d’Amsterdam, son seul colloc est un robot qui fait le ménage tout seul, et qui s’appelle Roomba. Ah oui, et il est patron. Un des plus prometteurs du business français, même.

    Sa boîte s’appelle Rentabiliweb, elle affiche 17,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007, et table sur 65 millions pour 2008. Et ce n’est que le début. Spécialisé au départ dans les plateformes de paiements sécurisés en ligne qui permettent aux sites de valoriser leur contenu, JBDV a lancé son groupe à l’assaut du business des jeux en ligne (portail Toox.com), des petites annonces, mais aussi de l’industrie du poitrail, du fondement et de la biroute, grâce à l’acquisition l’année dernière du groupe Montorgueil, nom classieux pour un contenu qui l’est nettement moins.

    L’ami JBDV gère le tout depuis sa péniche d’Amsterdam, devant ses trois écrans plats, donnant ses instructions à ses «ninjas» - surnom des salariés du groupe- par Skype ou Windows Live Messenger. Des bidouilleurs recrutés pour la plupart sur la face obscure du web, qui travaillent de chez eux (Roumanie, Sibérie, Bulgarie, Belgique), ce qui limite d’autant les frais de fonctionnement de la boîte.
   
    Oui, ce gars est fun, en plus d’avoir oublié d’être con. Le microcosme ne s’y est pas trompé : Jean-Marie Messier, l’ex-patron de Vivendi, est présent au conseil d’administration depuis deux ans, Bernard Arnault, le tout-puissant patron de LVMH, a mis des billes dans la boîte, de même que l’ancien patron d’Endemol France, Stéphane Courbit. L’homme en kilt vient même de s’offrir les services de Karl Zéro, qui doit lancer une web TV généraliste ces prochains mois.

    Mais le bonhomme n’a pas l’intention de renoncer à son indépendance, pas plus qu’à son kilt, qu'il arbore même fièrement lors des présentations aux analystes. JBDV de détient encore la majorité des parts de sa boîte, à travers une holding personnelle longtemps baptisée Golden Glaouis Invest - parce que «se faire des couilles en or, c’est quand même le but» - récemment renommée Saint Georges Finance. Sa seule concession aux bonnes manières.

   
   

Publié dans Grands fauves

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