Mobile World Congress, en direct du zoo

Publié le par GameTheory

 




undefined    C'est sympa, Barcelone. Surtout au soleil sur les ramblas, avec une bonne binouze, des tapas et quelques potes. Beaucoup moins quand on gravite dans des allées bondées du Mobile World Congress, le grand raout annuel du secteur des télécoms, entre un groupe de chinois hystériques et les aisselles de quelques géants scandinaves.

    Ah, le MWC... Pays étonnant, avec ses codes, ses snobismes, ses personnages. Des hôtesses atomiques qui accueillent le nerd sous une épaisse couche de fond de teint, des gens avec des Macs et des autocollants dessus, des Coréens qui s'incrustent en meute à chaque présentation, des VRP de troisième zone qui se prennent pour des cadors mondiaux parce qu'ils ont un badge au cou et un stand près des chiottes, des gens qui servent à rien, des gens avec des Macs et des autocollants dessus, des pique-assiettes de métier qui ont repéré que chez Yahoo! les bonbons sont gratos, des gens à gros doigts qui pètent tous les téléphones auquels ils touchent et repartent en sifflotant, des gens avec des Macs et des autocollants dessus, des gens qui marchent en diagonale dans les allées avec l'air affairé de ceux qui n'ont pas que ça à faire, des démonstrateurs à micro cravate, des Suédois à lunettes qui discutent avec des Finlandais à lunettes, des gens avec des Macs et des autocollants dessus. Bref, du monde, beaucoup trop de monde, et beaucoup de gens qui se prennent très au sérieux.

    Sinon, on a pu voir deux trois choses plus ou moins intéressantes. Côté déceptions, sur le stand Texas Instruments, des prototypes de mobiles avec le système Androïd de Google, futur système d'exploitation concurrent des Symbian et autres Windows Mobile. Beaucoup de Coréens devant et un démonstrateur au charisme de bigorneau. Bref, pas de révolution. Les stands de Sagem et Alcatel dégagent toujours le charme suranné de la téléphonie mobile des années 90. Ils auraient certainement une place de choix dans un salon vintage, mais là, ça fait un peu tache.

    Chez les gros bonnets, Nokia fait du Nokia : téléphones robustes, beaucoup de basiques, pas mal de GPS, mais toujours un design de bûcheron de l'Alberta, qui correspond assez bien au physique de leurs démonstrateurs. Quelques exemplaires nécessitent un échauffement conséquent pour les soulever. Dans le jargon, on appelle ça des cabines téléphoniques portables. De quoi déformer son jean et choper une scoliose.

    Samsung fait du Samsung : offre pléthorique, designs sympas, gros raout autour du Soul (U900 en France), un téléphone dont le menu sensitif s'adapte au service utilisé. Et quelques tactiles bien foutus pour faire la nique à Apple -évidemment absent du salon, on ne se mélange pas à la plèbe- ces prochains mois. Motorola ? Il fait du Motorola : des Razr, point final. Plus un Rokr ni réussi ni raté, pas de quoi sortir la tête de l'eau, ça sent la cession imminente. LG surfe sur le succès du tactile Viewty, attirant le chaland grâce à un casting féminin des plus sympathiques. Mais la bonne surprise est à chercher chez Sony Ericsson, avec le Xperia, un smartphone bien foutu sous Windows Mobile, bien designé, intuitif, bref, une réussite.

    Quant au buzz du salon, c'est la start-up israélienne Modu, qui propose un téléphone mobile modulaire minuscule et spartiate, qui se glisse dans des coques étonnantes, déclinables à l'infini, qui permettent de lui adjoindre des services (GPS, musique, cadre photo numérique) et de le personnaliser à volonté. Telecom Italia a déjà signé pour proposer le produit cette année. Il se murmure que des négos sont en cours en France. Affaire à suivre.




 

 

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