J’ai perdu mon Jobs

Publié le par GameTheory





2008-01-10T205522Z-01-NOOTR-RTRIDSP-2-OFRIN-APPLE-MACWORLD-ANNONCES-20080110.jpg    Ayé, le gourou a parlé. Deux heures pleines. Avec un quart d’heure de retard, pour faire joli. Pull à col roulé jeans et baskets, pour ne pas effrayer le puriste. Steve Jobs égal à lui-même : un type détestable qu’on ne peut pas s’empêcher de regarder, parce qu’on pressent qu’il va se passer quelque chose. Même quand il ne se passe rien, ou presque.
 
    Chaque année, le “keynote” de Steve Jobs –le Stevenote, disent les puristes - est le climax du fan de la pomme croquée. Une collection d’annonces présentée par le boss d’Apple en personne, devant un public conquis d’avance, qui attend avec gourmandise jusqu’aux tics verbaux du barbu : le fameux “boom” quand il veut signifier qu’il montre un truc de dingue (hilarant best of ici), ou le célèbre “one more thing”, la dernière annonce du speech, la plus attendue aussi, que l’entertainer détaille après avoir fait semblant de sortir de scène.

    Les rires et les applaudissements nourris qui marquent invariablement ce final me rappellent étrangement l’hilarité grasse des journalistes lors d’une certaine conférence de presse présidentielle qu’il avaient manifestement pris pour un stand-up de Michel Leeb. Mais je m’égare.

     Cette année, le “one more thing” concernait le nouvel ordinateur portable ultra-fin de la marque : le MacBook Air. Rien de révolutionnaire, sinon un sacré défi technologique : le laptop ne pèse que 1,36kg, son épaisseur ne dépasse pas 1,94 cm et descend à 4 millimètres pour sa partie la plus fine. Le portable le plus fin au monde, selon Apple. Joli produit, très jolie pub, comme d’hab. De quoi séduire les accros des ultra-portables (moins de 14 pouces d’écran), avec une autonomie annoncée de 5 heures (là, je demande à voir). Mais bon, quand on regarde le reste, c’est pas encore ça : disque dur en mousse de 80Go à 4200 tours-minutes (ça s’appelle de la mauvaise entrée de gamme), connectique dépassée (une seule prise USB), haut parleur mono en carton, pas de lecteur CD-DVD (sic), batterie pas amovible. Le tout pour 1699 euros en France…

    Le reste du speech ? Long, vide, bref, pas terrible. Une version 2 d’Apple TV, media center présenté comme une révolution en septembre 2006 et dont tout le monde se contrefout aujourd’hui, des logiciels de géolocalisation assez sommaires pour Ipod Touch et Iphone, un service de location de films en ligne sur Itunes, bien approvisionné, mais ni mauvais, ni génial.

    De l’avis général, c’était du Jobs moyen. Un poil faiblard. L’action perdait d’ailleurs 5% après la présentation, sanction d’annonces largement anticipées par le marché. Mais le grand gourou a à nouveau réussi son pari annuel : être le centre du monde numérique. Pendant deux heures.







Publié dans Grands fauves

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