Deezer moins le quart

Publié le par GameTheory



h-9-ill-899452-jonathan-benassaya---daniel-marhely.jpg    Ne tournons pas autour du pot. So Biz vient d’être victime d’une hibernation aussi longue que stomacalement éprouvante. C’est moche. Très moche. Alors, pour se faire pardonner, l’auteur de ces lignes a décidé de parler à ses amis lecteurs d’un site qu’il est vraiment bien. Deezer, que ça s’appelle. Le principe : l’internaute peut écouter la musique qu’il désire, gratuitement, sans limitation de durée, uniquement en streaming, c’est-à-dire sans télécharger les morceaux. Bref, un Youtube de la musique. Même potentiel incroyable et les mêmes emmerdes juridiques en gestation.

    A part quelques soucis techniques sur certains morceaux, genre tempo ralenti qui fait ressembler la voix de Lou Reed à celle de Jeanne Moreau, le site marche plutôt pas mal : ergonomie bien pensée, catalogue vaste, albums souvent entiers, pochettes qui s’affichent, et une option playlist intelligente qui suggère des morceaux et des artistes en fonction de ceux écoutés par le visiteur. Le business model ? Simplissime. La pub, et rien que ça. Deezer partage ensuite les revenus avec les ayant-droit. Pas super original, mais propre à capter une grosse audience et donc des annonceurs.

    Le patron s’appelle Jonathan Benassaya, un entrepreneur qui s’était fait connaître en créant une boîte spécialisée dans la pub dans les jeux vidéos, revendue pour quasiment rien à un groupe chinois récemment. Benassaya (à gauche sur la photo), c'est une sorte de Michael Boukobza, l’ex-DG de Free,. En plus renfrogné. Un type –trop- sûr de lui, limite condescendant parfois, mais qui a le mérite d’être clair : selon lui, les maisons de disques n’ont, à terme, pas d’autre choix que mettre leur catalogue à disposition du site. Sony-BMG, la major la plus ouverte sur la question, a déjà signé fin 2006, Benassayag prévoit d’autres accords en ce début de l’année.

    Le site s’est retiré une sacrée épine du pied en arrachant un accord avec la Sacem, la pointilleuse société qui gère la rémunération des artistes. Celle-là même qui avait obtenu en justice la fermeture de BlogMusik, l’ancêtre de Deezer. Seule Universal semble décidé à torpiller le tout, après avoir signé des accords avec Dailymotion et Neuf Cegetel, pour son offre de téléchargement illimité. Benassaya, avec sa morgue habituelle, assure qu’il seront bien obligés de signer. Bon courage.

    Benassaya, c’est la face visible de Deezer. Celle qui pose en costard super classe dans le Figaro Magazine en compagnie de cadors de la Toile, comme Marc Simoncini (Meetic) ou Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister). Mais celui qui a crée le site, celui qui le fait tourner, c’est Daniel Marhely (à droite sur la photo), un jeune prodige du Net de 23 ans, qui avait déjà créé un petit site de rencontres, Lovelee. Le gamin a tapé dans l’œil des frères Rosenblum, fondateurs de Pixmania, et surtout de Xavier Niel, fondateur et grand gourou de Free, qui auraient, selon un des informateurs chéris de So Biz – qu’il dorme dans des pétales de fleur-, mis la main au portefeuille pour prendre une participation conséquente dans la start-up. Et là, avec Niel dans le capital, on ne parle plus de la même chose. Affaire à suivre…



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