Zebank, The Bide

Publié le par GameTheory




    presse-zebank.jpg
    Zebank.
Le nom à lui seul est déjà une blague. L’idée émane de l’entourage de Bernard Arnault en ce début d’année 1999 : une banque 100% internet, sans guichets ni agences, sur le modèle du groupe anglais Egg, qui a réussi à conquérir deux million de clients en trois ans. D’abord baptisée Zeproject (sic),
Zebank, autoproclamée l'« hyperbanque», une marque déposée par le groupe, veut être présente sur tous les segments de la finance en ligne : bourse, crédit, assurance, épargne.


    L’idée reste deux ans dans les cartons.
Les retards se multiplient, les bugs techniques aussi, Arnault s’énerve. Et nomme finalement Philippe Jaffré, ancien patron d’Elf, Zeboss d’Europ@web, le bras armé d’Arnault sur Internet, pour accélérer les choses.
Les développeurs marchent sur des œufs : le jour de la démonstration à Bernard Arnault, ordre est donné aux salariés de ne pas solliciter le système informatique afin d'éviter un plantage. Finalement, ça passe ric rac. Ze soulagement.

 
    Malgré un rapport du cabinet Arthur Andersen mettant en garde sur les faiblesses de l’organisation du groupe, Zeban est lancée en grandes pompes début 2001. Bonne nouvelle : les dirigeants ont réussi à convaincre un partenaire bancaire, Dexia, de les suivre dans l’aventure, avec 20% du capital. Du lourd, du sérieux, se dit-on à l’époque. D’autant que les actionnaires ne mégotent pas sur Ze pépettes, avec un investissement initial de 115 millions d'euros et 140 embauches, dont la moitié au service clients.

    Zebank se lance dans un matraquage marketing impressionnant, avec un budget de 50 millions d’euros, soit le budget pub annuel de Coca Cola France ou deux fois celui de la Société Générale, comme le souligne l’excellent dossier du Jdnet
sur le sujet. Peine perdue : Zebank peine à décoller. La filiale bénéficie d'une rallonge de 65 millions d'euros juste avant l'été 2001, mais rien n’y fait. Ni la carte Visa Premier gratuite, ni les chèques cadeaux de 1000 francs. Les coûts d’acquisition d’un client doublent, de 450 à 1000 euros environ. Et encore, parmi les rares clients, de nombreux interdits bancaires essaient de se faufiler en loucedé. Ze honte.
  
    Bref, c’est la crise. Fin 2001, Zebank n’a que 60 000 comptes ouverts contre 150 000 espérés, dont seulement quelques centaines vraiment actifs, et a brûlé toute sa trésorerie. Jaffré fait semblant d’y croire encore :" Zebank décolle. C'est un succès aussi bien technique que commercial ", claironne-t-il en juin 2001. Zeblague. Selon plusieurs sources à l’époque,
seuls 500 comptes, dont 200 pour les employés de Zebank, seraient réellement actifs, c'est-à-dire avec virement automatique du salaire tous les mois.
  
    Mais il y a pire. Zebank s’engage dans un partenariat avec McDonald’s, sur le jeu Euromonopoly. 200 000 comptes crédités de 75 euros sont mis en jeu. Problème : la banque n’a plus la trésorerie pour honorer ses promesses… Il faut arrêter les frais au plus vite. Fin 2001, le choix est simple : Ze cession ou Ze dépôt de bilan. 

    Ce sera la cession. Moins traumatisant pour les salariés, et surtout moins humiliant pour Bernard Arnault. C’est finalement la banque en ligne britannique Egg qui met la main sur Zebank, pour à peine 8 millions d’euros. Un prix incroyable vu les investissements totaux de 180 millions consentis quelques mois avant. Rebaptisée Egg France, la banque ne décollera toujours pas. Elle est revendue par appartements à Banque Accord, filiale d’Auchan, et ING Direct.

    This is Ze End, my only friend.



Publié dans Gros bides

Commenter cet article

Achat Or 22/03/2009 18:49

Nombre de personnes ne connaissent pas leur richesse et font appel au crédit. Actuellement le CAC 40 perd plus de 3% et l'or est au plus haut. C'est tout à fait emblématique de ce qu'il se passe depuis plus d'un an sur ces deux marchés. Si vous avez besoin d'argent et si vous possédez un peu d'Or sous quelque forme que ce soit, bijoux, déchets, pièces ou lingots, n'attendez pas, c'est le moment de vendre, vous serez étonné du montant récolté !

achat or