Jay-Z, black Mogol

Publié le par GameTheory




  
  
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   Il fut un temps où le comble du chic pour un rappeur US, c’était de se faire trouer la peau
. Une bonne rafale d’arme automatique, si possible dans une grosse Benz, et c’était parti pour la gloire. Le plomb dans la cervelle permettait de mettre un pied dans la légende, juste avant de poser les deux dans la tombe. Le californien Tupac Shakur a été le premier à tester l’odeur du sapin de l’intérieur. Puis ce fut au tour de son bedonnant rival new-yorkais Notorious B.I.G., dans un cercueil un poil plus grand. On appelait ça le gansta rap, c’était totalement stupide vu le talent des bonshommes et la carrière qu'ils auraient pu poursuivre, mais bon, ça faisait rêver les gamins et donnait des idées aux futures mauvaises copies françaises.
   

   Epoque révolue. Dix ans après les faits, le rappeur US a changé. Foin de balles et d’uzi, il s’est fait grand mogol. Brasseur de pognasse. Patron de jeune pousse, voire de grosse boîte. Et il y en a un qui mériterait le prix d’honneur de Croissance Plus pour l’ensemble de son œuvre : Shawn Carter, aka Jay-Z, aka Jigga Nigga, mais faut être intime. Jay-Z, c’est l’histoire d’un ancien dealer de Brooklyn devenu un des poids lourds du rap US, avec plus de 33 millions de disques vendus. C’est surtout l’une des plus belles reconversions dans le business.

   De son bureau new-yorkais, Carter dirige un véritable empire : fondateur de la marque de streetwear RocaWear, qui affiche 700 millions de dollars de ventes annuelles et vient d’être vendue au groupe Iconix pour 200 millions (Jay-Z restant directeur de la création) ; patron des labels Def Jam et Roc-A-Fella (filiales d’Universal), deux des poids lourds des labels hip-hop US ; fondateur de la chaîne de bars 40/40 Club, des clubs qui retransmettent tous les matches de sports US dans des salons lounge du plus bel effet ; actionnaire de la franchise NBA des New Jersey Nets, qu’il ambitionne de faire revenir dans son “borough” natal de Brooklyn, dans un complexe conçu par le célèbre architecte américain Frank Gehry, un projet à 2,5 milliards de dollars.  On lui a même un temps prêté l'intention d'investir dans le club de foot anglais d'Arsenal. Plus de nouvelles du projet pour l'instant.

   HP, le leader mondial de l’informatique, a senti le bon filon, embauchant le bonhomme comme ambassadeur dans sa dernière campagne de pub «Personal again» –très réussie. Le salaire versé par la boîte permettra de compléter la jolie fortune du rappeur businessman, estimée à 547 millions de dollars par le magazine Forbes.

   Newsweek s'est déjà fendu d'un bon article sur le phénomène. La prochaine étape, c’est de poser le pouce levé en une d’un magazine économique français.

   Mais peut-on vraiment souhaiter ça à Carter ?



Publié dans Grands fauves

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