A Toulon, on l'appelait l'Arabe en Ferrari. Avec cet accent bizarre, plus vraiment marseillais, pas tout à fait provençal, qui a si longtemps adouci de ses
syllabes chantantes les loghorrées lepénistes autour de la rade. Le surnom a fait long feu. D'abord parce que Mourad Boudjellal sort sa Maserati quatre portes au moins aussi souvent que la
Ferrari rouge pétard. Ensuite parce qu'un patron qui fait revivre le Rugby Club Toulonnais (RCT), qui lui offre les meilleurs joueurs du monde, et va peut être lui ouvrir à nouveau les portes du
Top 14, même à Toulon, on dit respect. On dit bravo. Et on lui donne du « Monsieur Mourad ».
Il adore ça, Mourad Boudjellal. Raconter son histoire de fils d'agent de propreté algérien. Son enfance dans le
quartier chaud de Toulon, "Chicago", entre bars à filles et petites frappes du milieu local. Narrer son ascension dans le milieu de la BD, la passion dont il a fait son métier. Les pages
arrachées dans Pif et reliées à la main, le tout estampillé Mourad Editions. Le festival de BD organisé à quinze ans, la librairie ouverte à vingt, la maison d'éditions à trente.
Soleil Editions, ce sera le symbole de la conquête toulonnaise de Boudjellal. Pas de la BD d'intello, non, plutôt un mix malin de vieilles gloires (Rahan), de paris
audacieux sur l'héroïc fantasy avant son explosion (Lanfeust de Troy) et de collaborations avec les gros bras, comme TF1 ou Gallimard pour relancer l'éditeur mythique Futuropolis. Aujourd'hui,
Soleil est le troisième éditeur de BD français, avec une quarantaine de millions d'euros de chiffre d'affaires. Et Boudjellal s'est trouvé un nouveau défi : propulser le RCT, la fierté déchue des
Toulonnais, vers les sommets du rugby européen.
Les habitués du stade Mayol, chaudron endormi du rugby varois, ne voulaient pas entendre parler de ce parvenu assumé. Pas rugby, Boudjellal. Pas couleur locale, surtout, même s'ils évitaient soigneusement l'argument. Les supporters du RCT ont finalement eu le Beur et l'argent du Beur. Et ne s'en plaignent pas. Dès son arrivée à la tête du club en 2006, Boudjellal convainc Tana Umaga, mythique ailier des All Blacks, de faire une pige à Toulon en Pro D2. L'ailier à dreadlocks apprécie l'air de la rade. Quelques cadrages-débordements plus tard, il se voit promu manager de l'équipe. C'est lui qui va rassembler la redoutable machine de guerre actuellement en tête de la deuxième division : l'ouvreur néo-zélandais Mehrtens, le champion du monde sudaf Victor Matfield, le légendaire demi australien George Gregan, le monstrueux talonneur Anton Oliver.
Et ca continue. Boudjellal, après avoir essayé de s'attacher les services de Frédéric Michalak, qui a finalement choisi de revenir à Toulouse, tente actuellement de faire signer l'ouvreur All Blacks, Dan Carter, considéré comme le meilleur joueur du monde. Le patron du RCT tente de monter un système où le joueur pourrait récupérer une partie des ventes de maillots et produits à son nom. Une première. Autre recrue probable : Botha, musculeux deuxième ligne des Springboks. Toulon avait même fait un pont d'or à l « anesthésiste », Sébastien Chabal, pour le faire revenir d'Angleterre fin 2007. Avec une clause baroque dans le contrat : l'interdiction de se couper la barbe et les tifs...
Il est comme ça, Mourad. Homme de gros coups, de paris insensés et parfois réussis, d'excès, de bluffs, de polémiques aussi stériles que jouissives. Un peu Max Guazzini pour le sens marketing, un peu Aulas pour la mauvaise foi et la surexposition médiatique, un peu Abramovitch dans sa volonté de taper haut et fort à grands coups de chéquier. Le tout enveloppé dans une faconde de petit nervi provocateur qui fait les délices de la presse locale.
Le boss du RCT ouvre sa gueule comme les joueurs du Stade Français montrent leur fondement. Souvent, et avec délectation. La Pro D2 ? Un « championnat de malfrats ». Sa Ferrari ? « Oui, c'est de la frime. Mais je fais mes courses à Auchan. » Le rugby ? « Je fais ça pour Toulon. Ce n'est pas ma famille, pas mon humour, pas ma culture. » Le match contre Aurillac ? « Je ne sais même pas où c'est, Aurillac. »
Le personnage fascine, énerve, exaspère. La haine se déchaîne sur les forums Internet, les fans toulonnais s'enflamment en retour. Ca vit, ça débat, ça castagne, ça remplit les stades et les colonnes des gazettes, ça fait parler de la Pro D2 comme jamais auparavant. Feu de paille ? On verra bien. Dans une semaine, Toulon joue l'accession directe dans l'élite contre l'autre gros bras de D2, le Racing Métro. Et contre un autre nabab, à cravate celui-là : Jacky Lorenzetti, fondateur des agences immobilières Foncia.










Au début, il faisait un peu rigoler tout le monde, l’ami
Rajan Tata. Une bonne bouille d’Indien sympa, un nom rigolo pour un groupe dont on cernait pas vraiment le métier, entre les télécoms, l’acier (Tata Steel), le textile, l’automobile (Tata
Motors), l’hôtellerie, l’informatique, et même le thé, Tata ayant racheté la marque Tetley en 2000. Tata était un groupe indien, dirigé par un Indien, avait un chiffre d’affaires libellé en
roupies. Ça suffisait à le disqualifier de la compétition internationale dans l’esprit des grosses têtes occidentales.


A 42 ans,
Jack Ma est une superstar. Le Bill Gates de 
La crise financière a ceci de réjouissant qu'elle dégonfle quelques melons, notamment du côté des pseudos-génies financiers de la City. Et qu'elle remet à
leur place des gros bras de la finance mondiale qui se croyaient invincibles, surpuissants, intouchables. Carlyle est de ceux-là. Le puissant fonds d'investissement américain vient d'annoncer




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